Norton 1er, Empereur des Etats-Unis d’Amérique et Protecteur du Mexique !

Circé la Magicienne
Il est des lieux uniques, creuset de poudre et d’insolite, attirant des caravanes d’aventuriers et d’hurluberlus. Ces lieux sombres et magiques, qui illuminent les phares de la civilisation par son non-sens, voguent à travers le temps et l’espace, d’un continent à l’autre.
C’est une ville qui change les Hommes. L’or rend fou, San Francisco est sa reine couronnée, sa déesse.
Et San Francisco l’Espagnole, puis l’Américaine, accueille, au 19ème siècle, le Grand Meeting des chercheurs de pépites. Rassemblement connut sous le nom de « Ruée vers l’Or ».
Beaucoup ont voulu se frotter à son fard doré, désirant y faire fortune, avant de connaître la déchéance.
Il en est ainsi de beaucoup d’hommes, fuyants, abandonnant leur famille, et se découvrant l’âme entreprenante, violente, prêt à prendre ce qu’ils convoitent dans ce point unique, ouvert aux audacieux.

Le Loup, homme d’affaires

Après avoir passé plus de 20 ans en Afrique du Sud, Joshua Abraham Norton, libéré des attaches familiales après le décès de ses parents, s’embarque pour découvrir l’autre côté de l’Atlantique, direction le Brésil.

Après avoir fait fructifier l’héritage paternel, le Londonien de naissance reprend la mer. Les douces mélopées de la « Golden Rush » Californienne sonnent à ses oreilles d’homme d’affaires et l’attirent sur la côte Pacifique. Le 05 novembre 1849, il entre dans le port grouillant de San Francisco.

La bosse des sciences ou le photographe nomade

Frederick Coombs est phrénologue de métier. Cette spécialité qui étudie la forme et les irrégularités du crâne pour prédire les traits mentaux du sujet. C’est un expert et conférencier qui a déjà publié. Ce New-Yorkais a la bougeotte. Equipé d’un Daguerréotype, il effectue la traversée des Etats-Unis d’Est en Ouest, en vendant ses productions photographiques.

Dans les années 1860, harassé, il découvre au loin le toit des maisons colorées, accrochées aux coteaux de la jeune San Francisco.

Rat hunter !

La ville, comme beaucoup d’autres de son époque, doit lutter contre un fléau canin. Les chiens errants, tout comme leurs homologues humains, pullulent dans les rues sales de la cité naissante.

Des ordonnances municipales obligent alors à éliminer les cabots sauvages et sans domiciles.

Un Terre-Neuve noir et blanc va échapper à cette élimination. Nommé « Bummer », il doit sa survie à son talent exceptionnel de tueur de rats. En effet, là où sévit le Boom humain des débuts de la Ruée vers l’or, les rats et la vermine se précipitent.

Protégé des commerçants, aimé des passants, Bummer a l’âme chevaleresque. Lorsqu’un de ses congénères agonise à la suite d’un combat contre un CSD (Chien Sans Domicile) plus féroce que lui, Bummer, sans hésiter, le tire dans son repaire. Il le nourrit de ses mendicités, et le réchauffe de son pelage, la nuit venue. Les soins et la bienveillance ainsi prodigués, étonne la société interlope et fascine la presse. Tant d’humanité animale qui fait défaut dans la société toute puissante de l’Homme. Contre toute attente, le clébard survit. On le surnomme alors « Lazare ». Le ressuscité se révèle encore plus grand chasseur de rats que son protecteur.

Désormais inséparables, Bummer et Lazare captivent les journaux, qui relatent dans leurs feuilles, leurs exploits et leurs aventures.

L’Effet Papillon

Joshua Abraham Norton est une personnalité en vue dans la bonne société Franciscanaise. Depuis qu’il s’y est installé en tant que promoteur immobilier, les affaires lui sourit.

De l’autre côté du Pacifique, des événements tragiques vont bientôt se répercuter sur la grève américaine.

En Chine, la dynastie Qing tente de se relever, suite à la défaite subit contre l’Angleterre, pendant la Première Guerre de l’Opium. Des catastrophes naturelles suivent. L’inondation des terres fertiles et l’incapacité du gouvernement à aider les populations affectées, vont donner le signal à l’un des mouvements les plus meurtriers de l’histoire chinoise, la révolte des Taipings. Misère, mort, famine. La terre de Chine mêle le sang et la peur. L’Empereur interdit l’exportation de riz, il faut nourrir le peuple d’abord !

La nouvelle est relayée par toutes les gazettes de la Côte Ouest américaine.

Le richissime homme d’affaire, Joshua A. Norton, est à l’affût et son esprit prédateur renifle la plus-value. Il achète la cargaison complète de riz d’un navire en provenance du Pérou, et s’apprête à inonder le marché américain avec SON riz. Mais si l’homme d’affaire est doué, il n’en est pas moins dépourvu d’orgueil.

Du riz péruvien, il en arrive en masse, et Joshua Norton n’a pas le monopole ! D’autres loups ont flairé le bénéfice.

Il tente alors de faire annuler le contrat d’achat de sa cargaison, arguant un vice. Une procédure qu’il va soutenir trois années durant devant les tribunaux, s’enfonçant dans le déni et l’appauvrissement. Lentement, ses affaires périclitent. En 1858, il est débouté, ruiné et dépressif. Les fortunes se font et se défont dans ce bout de terre où se côtoient le meilleur et le pire de la société humaine.

Touchez ma bosse…

Le gentleman New-Yorkais, Frederick Coombs, est à Frisco depuis quelques mois. Son activité photographique est florissante. Il tente de transformer sa boutique attelée, en commerce avec pignon sur rue. C’est un excentrique, charmeur avec les dames, jovial, doux et distingué. On remarque une possible ressemblance avec Georges Washington. La simple rumeur, chuchotée avec amusement d’abord, devient une affirmation qui enchante l’attributaire. A force, il s’en convainc.

San Francisco, nouvelle demeure de l’enchanteresse Circé, libère ses charmes toxiques. Elle tord les esprits, les façonnent.

 Aurait-il déjoué le sort, phrénologue expert, s’il avait exploré la science des protubérances de son propre crane ?

Washington, le retour

C’est une évidence, elle saute aux yeux. Réincarnation du Général. Comment ne l’a-t-il pas vu plus tôt ? Désormais, Frederick Coombs se présente le plus sérieusement du monde sous le nom de Washington II

L’Empereur !

Après quelques mois d’absence, Joshua A. Norton réapparait dans les rues de San Francisco. Ses proches ne le reconnaissent pas, une lueur étrange brille au fond de ses yeux. C’est un homme couvert de poussière, habité de rage, hébété. Il revient du désert où il a combattu le feu du soleil et le poison du crotale. Les habitants peuvent lire dans les journaux la déclaration suivante :

« À la demande impérative d’une grande majorité des citoyens de ces États-Unis, moi, Joshua Norton, anciennement d’Algoa Bay, Cap de Bonne-Espérance, et maintenant depuis neuf ans et dix mois à San Francisco, Californie, déclare et me proclame empereur de ces États-Unis, et en vertu de l’autorité ainsi investie en moi, ordonne aux représentants des différents États de l’Union de se réunir dans la salle musicale de cette ville, le 1er février prochain, puis et là pour apporter des modifications dans les lois existantes de l’Union qui peuvent atténuer les maux sous lesquels le pays travaille, et ainsi faire naître la confiance, tant au pays qu’à l’étranger, dans notre stabilité et notre intégrité. » signé NORTON Ier. En 1863, suite à l’arrivée des troupes Françaises au Mexique, il ajoutera à son titre : « Protecteur du Mexique ».

L’Empereur contre le Président

Sa majesté, l’empereur Norton Ier est déjà familier des Franciscanais lorsque Son Altesse Washington II vient se pavaner dans les rues de la cité, affublé d’un uniforme de l’armée continentale désuet, d’un tricorne et d’une perruque du siècle précèdent.

La rencontre a lieu dans Montgomery Street, la grande artère de l’époque.

Les deux hommes vont se jauger, se saluer, pour finalement faire bonne figure, bras dessus, bras dessous. Mais les apparences ne trompent pas. Deux princes pour une ville…

Le couple amuse les passants. On raffole de leurs aventures picaresques. Au journal le « Morning Call », un jeune journaliste se prend d’affection pour ses deux farfelus, et commence à leur réserver une rubrique. Son nom, Samuel Langhorne Clemens, bientôt connu sous le pseudonyme de Mark Twain.

Mais l’entente bientôt, vole en éclat. Washington II énerve prodigieusement Norton Ier. Ce dandy maniéré, à l’audace de vanter la supériorité de son charme auprès de la gente féminine !

Lorsque Washington II placarde sur les murs de la ville des pancartes destinées à son commerce, Norton Ier les arrachent, et les piétinent. Fini la drôle de guerre, cette fois, les hostilités sont ouvertes !

Furieux, Washington II s’en va trouver la police pour l’informer du méfait de l’auto-proclamé empereur.

Encore plus furieux devant l’inaction des autorités, notre réincarnation présidentielle vend son histoire aux journaux dans le but de réunir des fonds et d’attaquer Norton Ier devant les tribunaux.

La contre-attaque impériale ne se fait pas attendre. Il use d’une arme qu’il maîtrise et publie un « décret impérial » par voie de presse, en ordonnant aux officiers de police de la ville de San Francisco, d’arrêter le prétendu Washington II…

Bien sûr, l’empereur n’a aucune autorité, et l’ordre amuse, jusqu’aux pontifes de la ville.

Mais Washington II prend la menace très au sérieux. Entre fou, qui est le plus fou ?

Après 2 ans de présence dans la « Golden City », il décampe aussi sec, sans se retourner, et part rejoindre sa terre natale, New York, où il s’y présentera sous sa nouvelle identité, encore quelques années, avant de mourir.

Imperator Rex

Débarrassé de son rival, Norton Ier peut arpenter les rues de son empire, vêtu d’une casaque bleue donné par des soldats, surmontée d’énormes épaulettes dorées, d’un sabre porté au côté, et coiffé d’un chapeau de fourrure de castor, couronné d’un magnifique bouquet de plumes de Paon. La classe impériale.

L’Empereur va ainsi régner pendant plus de vingt ans, en publiant régulièrement ses décrets, qui n’auront d’autres échos que les sourires de ceux qui les lisent dans la presse locale.

Dans une autre ville, on l’aurait tout simplement interné, mais ici, on l’aime. Sans le sou, il loge dans une pension de famille miteuse, aidé par d’anciennes connaissances. Il lève des impôts, 25 cents par commerçants et par semaine. On les lui donne affectueusement, c’est une façon dissimulée de faire la manche, et de survivre.

Mais si sa tête est ailleurs, plongée dans le temps passé de sa prospérité, son cœur est bien là, dans les rues de cette ville qu’il aime tant, se souciant tous les jours du bien-être de ces habitants.

Et la ville lui rend bien. Il fréquente les meilleures tables, et une place, parmi les meilleures, lui est toujours réservée au théâtre.

Quand son uniforme tombe en pièces, usé par le temps, la ville lui en offre un nouveau. Et lorsqu’un jeune officier de police l’arrête, c’est l’émoi dans les rues de San Francisco. Une pétition est signée. La ville le relâche, et s’excuse platement. Norton Ier, drapé de clémence majestueuse, pardonnera au jeune novice.

Bummer et Lazare, nos deux compères canins, célébrités people, font naturellement partis de la suite impériale. Leurs exploits sont célèbres. « En six minutes, ils tuent 85 rats ». Un autre jour, « ils stoppent courageusement un cheval fou au galop dans les rues encombrées ». Les feuilletons se succèdent et se vendent bien. « Bummer abandonné, Lazare court désormais avec un autre… », « Bummer magnanime, Lazare revient… ».

Eux aussi, ont connu l’excitation d’une foule en colère, venue libérer Lazare, après avoir été capturé par une société d’extermination.

Dernière révérence

Déambulant dans les rues fiévreuses, l’Empereur et ses deux chiens chasseurs de rats, laissent une cité en deuil lorsque, empoisonné, Lazare succombe. Peu de temps après, Bummer, le Terre-Neuve puissant, inconsolable, rejoindra son compagnon, battu par un ivrogne. On arrête le tueur de chien, et on le tue en prison, en l’honneur de Bummer !

Bummer (décevant), un nom bien inapproprié, aux vues du nombre de personnes suivant la dépouille de l’animal, peut-être le seul Être raisonnable de cette histoire…

Après avoir été colon en Afrique du Sud, puis riche gentleman de San Francisco, Joshua A. Norton, disgracié, déchut et autoproclamé seul et unique Empereur de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique, s’effondre en pleine rue, le 08 janvier 1880, sous une pluie fine et fraiche.

Les journaux titres « Le Roi est mort ! ».

Le cortège funéraire rassemblera près de 30 000 personnes.

Sa tombe est aujourd’hui encore, constamment fleurie.

Sous le soleil Californien, une recette que l’on mangeait déjà au 19ème siècle, dans la Baie de San Francisco.

Avocado Toasts

Préparation : 15mn
Cuisson : 10mn
Pour 4 personnes

Ingrédients 

1 pain de campagne tranché
1 petite boite de maïs ou 2 épis de maïs doux
2 avocats bien mûrs
1 citron vert
2 cuillères à soupe de beurre
2 cuillères à soupe de coriandre fraiche
11O gr de féta
Paprika
Sel, poivre

Réalisation

Si vous utilisez des épis frais, les faire griller au four. Une fois bien cuit, badigeonnez-les de beurre, salez, poivrez et saupoudrez de paprika.
Laissez tiédir et retirez les grains de maïs.

Si vous utilisez du maïs en boite, égouttez-le, puis, dans une poêle, faites cuire le maïs quelques minutes dans le beurre. Salez, poivrez et saupoudrez d’une demi-cuillère à café de paprika. Réservez.

Coupez les avocats, les dénoyauter et récupérer la chair dans un récipient. Ecrasez la chair d’avocat en purée, salez, poivrez et ajoutez le jus d’un demi-citron vert.
Faites griller 4 belles tranches de pain.
Etalez la purée d’avocat, répartissez le maïs, émiettez la féta sur le dessus, parsemez de coriandre finement ciselée.
Ajoutez quelques gouttes de jus de citron vert et une pointe de paprika.
Pour donner un côté plus hot et mexicain, rajoutez du piment Jalapeno !

Ay, caramba !

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La rue d’autrefois…

Vous rêvez d’aventures ? de dépaysement ? Connaître le grand frisson…alors laissez-vous déambuler dans les douces et sombres rues et ruelles du temps d’avant… d’avant quoi me demanderez-vous ? D’avant les grands travaux d’assainissement des villes, ceux-là même qui ouvrir de larges artères dans ces quartiers enserrés sous la protection fantomatique de murailles depuis longtemps obsolètes.
Les restes pittoresques de ces temps révolus, participent au charme des villes, avec ses ruelles tortueuses et mystérieuses…

Contre Sirop’s vous y emmène faire un petit tour !

Deux-trois tours à la Matrix, abracadra, et vous voilà projetés dans les couloirs du temps…

Motivés, vous avancez dans ce dédale grouillant, tel un escape Game grandeur nature. Tout de suite, l’odeur agresse. Dans cette rue du 16ème siècle, la vie se passe à l’extérieur. Les origines rurales sont encore bien présentes, les animaux de basse-cour se promènent librement entre les charrettes et les étals qui encombrent la voie. C’est un véritable Capharnaüm dans cet enchevêtrement tortueux et obscure, infesté de nuisible, mais vous avancez encore, déterminés. On parle, on crie, on vous bouscule. La lumière du soleil ne touche pas la rigole pavée qui sert à l’évacuation des eaux sales, les maisons à encorbellement s’y opposent (le premier étage dépasse du rez de chaussée). Elles ont déjà été reconstruites plusieurs fois, suite à des incendies, car elles sont en bois et en torchis.

 Tout à coup, sans prévenir, vous vous retrouvez rincés de la tête aux pieds. Vous apercevez des bouts d’excréments sur votre manche et vous comprenez que ce liquide puant qui vous plaque les cheveux, est de l’urine. On vient de « tirer la chasse d’eau » au-dessus de votre tête ! En gros, cela consiste à vider son pot de chambre, et au 16ème siècle, les premières lois qui obligent à prévenir au moins trois fois avant de jeter ses déjections par la fenêtre ne sont pas encore tout à fait respectées…

Sans blague ! Ainsi rafraîchis, vous comprenez la rapidité de transmission des grandes épidémies. Vous regardez, méfiants, quelques loqueteux, crouteux et pustuleux, mendier quelques bonnes actions. En vous éloignant, vous vous retrouvez dans un coin un peu moins fréquenté. On vous suit ! vous accélérez le pas mais bientôt quelques drôles à la mine patibulaire vous barrent le passage. Vous vous relevez quelques minutes plus tard, le visage tuméfié et le nez en sang, proprement rossés et dépouillés du peu que vous aviez, dont votre téléphone portable dernière génération (on vous avait dit de ne pas le prendre !).

 Chaque quartier ou presque possède sa cour des miracles. Ainsi dénommés car les mendiants estropiés retrouvaient comme par magie, l’usage de leurs membres une fois de retour dans leur repère, où sévissait la plus grande pauvreté.

Le quartier, on y vit, et on y meurt. C’est un signe d’appartenance. Ainsi, à Paris, on se bat entre quartiers, du faubourg Saint-Marcel et de celui de Saint-Jacques. A l’époque, on savait s’amuser ! C’est une véritable bataille, on incendie, on tue, on égorge. Le calme ne reviendra que lorsque seront disposées quelques potences bien visibles, et pendus de pauvres bougres anonymes. A cette époque, la justice est expéditive et pas toujours juste avec les gens du peuple.

Un joli pont habité de plusieurs maisons à colombages se dresse devant vous. De votre œil encore valide, vous admirez l’ouvrage. Une bonne restauration, quelques boutiques de luxe et un salon de thé… vraiment, ce pont vous inspire !

A l’époque, on y construit son logement ou son local commercial pour y être exempté de taxe, notamment du Cens (taxe que l’on doit au propriétaire du sol) et de l’Octroi (taxe sur les marchandises). Et pourtant, ce pont sera détruit. Car en même temps que l’on construit en hauteur, les habitants y creusent dans les fondations de bois quelques réduits qui servent de cave d’entreposage. Fragilisés, les ponts ne font pas longs feux !

Pour atténuer le martellement des roues des carrosses qui passent à toute berzingue devant la maison d’un malade, on dépose une bonne couche de fumier devant ladite demeure. Voulant préserver la propreté de vos chausses, vous vous écartez sur la chaussée, quand soudain, un attelage débouche à une vitesse d’enfer et vous culbute sans s’arrêter. Vous restez là, agonisant, comme le décrit Louis-Sébastien Mercier dans son « tableau de Paris » :

« Il n’a reçu aucun frein, malgré les réclamations journalières. Les roues menaçantes qui portent orgueilleusement le riche, n’en volent pas moins rapidement sur un pavé teint du sang des malheureuses victimes qui expirent dans d’effroyables tortures… »

Après moults plaintes, on attribue un tarif par blessure, selon la partie du corps blessée. En cas d’accident mortel, la police examine la responsabilité. Si les petites roues de devant sont incriminées, alors le cocher est responsable et devra payer des indemnités. Si ce sont les grandes roues de derrière, la responsabilité est au défunt. Bien sûr, à 90 pour cent le cocher ne paye pas, puisqu’il ne s’arrête même pas…

Voilà que votre aventure s’arrête pitoyablement, estropiés et recouverts de fumier.

En convalescence, vous apprenez quelques belles et terribles légendes sur la brochure que nous vous avions procuré.

A Honfleur, la Ruelle de la petite sirène n’a pas d’origine Danoise. Elle est connue sous ce nom depuis au moins 400 ans. Le corsaire Jean Doublet, décrit d’ailleurs l’apparition de quelques-uns de ces êtres aquatiques, et certaines sirènes avaient la fâcheuse habitude de faire bronzette sur les rochers du rivage !

A Prague au XVIème siècle, l’empereur Rodolphe II fait construire la Ruelle d’Or, aux maisons colorées, afin d’abriter les alchimistes du royaume, loin des regards indiscrets, en échange de la Pierre Philosophale, bien sûr.

Et que dire de la Ruelle des Chats, à Troyes, célèbre pour ses chats sauteurs de maisons en maisons…

Les demeures des ruelles de Guernesey sont équipées d’étranges pierres plates en haut des cheminées. Ce sont les « witches’stone », les sièges pour sorcières ! Cette petite attention pour ses folles aux balais, permet, pense-t-on, d’éviter leur courroux !

Votre couple bat de l’aile ? Précipitez-vous à Guanajuato, au Mexique. En plus de vous payer un beau voyage, vous pourrez tester la légende de la Ruelle du Baiser. Carmen, la fille d’un veuf, aimait Luis. Mais son père ne le voyait de cet œil-là. Il séquestre sa fille dans sa chambre et lui interdit de revoir son Jules. Mais le bien-aimé vit de l’autre côté de la rue, dans une maison qui touche presque celle de sa dulcinée. Par un beau matin, revenant d’on ne sait où, le père aperçoit les tourtereaux se bécotant depuis la fenêtre de leur chambre respective. Furax, le père trucide sa fille d’un coup de couteau ! la légende veut que si un couple s’embrasse sur la 3ème marche de la ruelle, votre amour durera éternellement…

Allez, toujours dans le sanglant. On arrive dans les ruelles sombres et ténébreuses…

La Ruelle rouge, à Laon. C’est la tête d’un évêque que l’on fend en deux. Puis, son cadavre ensanglanté est exposé dans la ruelle. Depuis, on entendrait ses pas…

Pour finir en beauté, la Mary King’s Close d’Edimbourg finira de vous faire regretter la douceur de vie du 17ème et 18ème siècle. Il parait que c’est le lieu le plus hanté d’Ecosse, surtout lorsqu’on la condamna, lors de la Grande Peste de 1645, avec ses 300 résidents mourants…

Finalement, vous vous dites que malgré tout, vous avez bien fait, car vous avez échappé à l’aventure « du barbier et du pâtissier » que nous vous proposions également…

Au 14ème siècle, à Paris, c’est un fait divers sordide qui va donner naissance à la légende. Dotés d’un certain sens des affaires, un barbier et un pâtissier vont s’associer pour régaler le tout-Paris. Dans ses appartements, le barbier proposait ses services aux clients. Faisant mine de les raser, il leur tranchait tout bonnement la gorge avant de les écorcher et de finir le travail en broyant le corps du malheureux. La viande ainsi hachée, tombait par un conduit donnant directement dans la boutique du pâtissier, qui en faisait de délicieux pâtés dont se régalait, dit-on, Charles VI en personne ! les deux complices furent démasqués lorsque le chien d’un client réduit en steak haché, aboya tant et si bien devant l’antre des apprentis culinaires, qu’il donna l’alerte. Les faussaires meurtriers furent démasqués et finirent carbonisés dans une cage de fer !

Il fallut bientôt se repérer dans ce labyrinthe chargé d’animaux de boucherie, de légumes, de peaux de tannages… les habitants eux-mêmes commencèrent à donner des noms aux rues et ruelles, selon les spécialités des corps de métiers, des activités, etc…

Ainsi s’exprima la poésie de ces temps oubliés :

Rue de la femme sans tête ; Rue grant truanderie ; Rue du chat-qui-pêche* ; Rue de merderet ; Rue tire-boudin ; Rue putes y musent ; Rue bertault qui dort ; Rue de la descente de la vallée de misère ; Rue gratte-cul ; Rue tire-vit ; Rue du gros pet ; Cul de sac du ha ! ha ! ; Rue poil au con ; Rue trace-putain…

*Rue du chat-qui-pêche : originellement tiré d’un vieux proverbe : « aller voir pêcher les chats », signifiant être naïf, se faire avoir…

Un petit florilège de saveurs d’antan
Sauce Cameline, Hypocras et Oublies !

Hypocras

Préparation : 20mn

Ingrédients 

75 cl de vin rouge de Bourgogne
200 gr de miel liquide
1 cuillère à café de coriande moulue
1 cuillère à café de cannelle moulue
1 cuillère à café de gingembre rapé
5 clous de girofle
1 cuillère à café de poivre noir en grains

Réalisation

Dans une casserole, faites chauffer un peu de vin et le miel jusqu’à dissolution de celui-ci. Transvasez le liquide dans un récipient et ajoutez le reste du vin. Broyez les épices et les ajoutez au vin. Laissez macérer une nuit complète.
Filtrer la boisson, servez frais au réchauffé.

Sauce Cameline 

Préparation : 20mn

Ingrédients

25 cl de vin rouge
2 cuillères à café de cannelle moulue
1 cuillère à café de gingembre moulu
1 cuillère à café de vinaigre de vin rouge
1 cuillère à soupe de raisins secs
1 cuillère à soupe de sucre roux
1 bonne tranche de pain

Réalisation :

Coupez le pain en croutons et faites-les dorer dans une poêle. Trempez le pain et les raisins dans le vin et le vinaigre. Laissez imprégner. Mixez en ajoutant les épices. Dans une casserole, ajoutez le sucre et faites chauffer doucement la sauce jusqu’à l’obtention de la consistance désirée.

La sauce Cameline était très utilisée au Moyen-Age pour accompagner les viandes rôties.

Les Oublies 

Préparation : 20mn

Ingrédients

200 gr de farine
100 gr de miel
2 œufs
50 gr de beurre
1 gaufrier

Réalisation :

Dans un récipient, formez un puit avec la farine. Versez au centre, les œufs, le miel et le beurre fondu. Malaxez avec la farine afin d’obtenir une boule de pâte ferme et homogène. Laissez reposer 1h. Découpez et formez des boules de pâte de la grosseur d’une noix.

Placez une boule dans le gaufrier chaud, et refermez en appuyant fortement, les Oublies doivent être fines. Laissez juste dorer.

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Un chewing-gum en Automne…

Un après-midi dans les bois. C’est l’automne, la couleur des feuilles offre des nuances infinies de jaunes, oranges, rouges…Pendant votre promenade, vous mastiquez machinalement un chewing-gum à la Chlorophylle. Soudain, vous pensez à cet article et vous souriez.

Saviez-vous qu’il y a un lien entre votre gomme à mâcher et la couleur des feuilles des arbres ? Lequel ? La Chlorophylle !

Petite explication  :
La Chlorophylle est le principal pigment des végétaux qui capte l’énergie lumineuse pour la transformer en énergie chimique (photosynthèse). Cette énergie va permettre alors la fabrication de sucre, du glucose. C’est le carburant des cellules de l’arbre, qui servira ensuite à fabriquer du tissu organique (Ex: le bois).

Seulement la Chlorophylle n’absorbe pas la couleur verte du Spectre lumineux, peu énergisante comparée au bleu et rouge, elle l’a réfléchie comme un miroir. C’est donc la couleur verte que perçoivent nos yeux. Voilà pour ce qu’est la Chlorophylle.

A la veille des fraiches journées d’Automne, les arbres vont se préparer pour la « pause hivernale ». La Chlorophylle est alors « démontée » par des enzymes et « rangée » dans le tronc, les racines ou les branches pour être de nouveau assemblée au Printemps.

La Chlorophylle n’étant plus présente dans les feuilles, elle ne filtre plus la lumière. Plus de filtre, plus d’effet miroir de couleur verte. Elle laisse la place à d’autres pigments déjà présents mais non visibles jusqu’alors ; les Carotènes pour la couleur orange, les Xantophylles pour le jaune et les Anthocyanines pour le rouge-mauve. De leurs mélanges dépends toutes les nuances de couleur que l’on peut contempler à l’Automne.

Et le chewing-gum dans tout ça ?
La Chlorophylle n’ayant pas de goût, votre chewing-gum à la chlorophylle à le goût de tout…sauf de Chlorophylle ! Elle entre dans sa composition uniquement pour la couleur verte…

La Chlorophylle a une structure très proche de notre hémoglobine, c’est le « sang vert », souvenir d’une origine commune du monde végétale et animale.
Elle possède de ce fait de nombreuses vertus détoxifiantes pour l’organisme et agit comme un désodorisant interne contre la mauvaise haleine.
Attention à la cuisson car elle est fragile et ne supporte pas une grande chaleur. On la trouve en quantité dans les herbes aromatiques, les légumes verts…

Vous pouvez ainsi consommer de la Chlorophylle en salade, en jus, en smoothie…
En voici quelques recettes…
Salade de cresson aux champignons poêlés,
Crème d’épinards pour Apéro, et
Pina-colada végétale.


Salade de cresson aux champignons poêlés

Préparation : 10min
Cuisson : 10 min
4x

Ingrédients 

1 botte de cresson
200 gr de champignon de Paris
2 gousses d’ail
4 cuillères à soupe d’huile d’olive
2 cuillères à soupe de vinaigre Balsamique
Thym
Sel
Poivre

Préparation

Lavez et coupez les champignons en quartiers. Poêlez les champignons dans l’huile d’olive avec l’ail haché, le vinaigre Balsamique et le thym. Laissez refroidir quelques minutes, débarrassez dans un saladier avec le jus de cuisson et le cresson lavé. Mélangez, assaisonnez.

Pour plus de gourmandise, vous pouvez ajouter des pignons de pin ou des croutons à l’ail…

Crème d’épinard pour Apéro

Préparation : 5min
Cuisson : 10 min
6x

Ingrédients 

200 gr de pousses d’épinard
40 gr de parmesan râpé
100 ml d’huile d’olive
20 gr de noix
Quelques feuilles de Basilic frais
2 gousses d’ail
Jus d’1/2 citron
Sel
Poivre

Préparation

Allumez le four en position grill et placez-y les noix hachées sur une plaque. Une fois grillées, laissez refroidir. Dans un robot, mixez les épinards, le parmesan, l’ail, le basilic avec les noix et le jus de citron en incorporant progressivement l’huile d’olive jusqu’à l’obtention d’une crème. Débarrassez dans un petit récipient et assaisonnez.

Voici une recette simple et originale pour vos Apéros. Ce condiment est délicieux avec des toasts de fromage de chèvre au miel ou des roulés au poivron. Mais pour les gourmands, étalé simplement sur du bon pain fera l’affaire !

Pina-colada végétale

Préparation : 10min
2x

Ingrédients 

50 gr de pousses d’épinard
50 gr de cresson
30 cl de jus d’ananas
15 cl de lait de coco
1 cuillère à soupe de Miel

Préparation

Mettez tous les ingrédients dans un robot. Mixez, servez dans des verres préalablement refroidies au congélateur. Trinquez !

Vous pouvez adaptez les recettes selon vos envies, laissez libre court à votre créativité !

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Douceur de Glace !

Une légende dit qu’au 17ème siècle en Autriche, un vigneron, surpris par le gel précoce, vendangea et pressa des raisins encore gelés. Contre toute attente, le résultat fut surprenant. Le Vin de Glace était né !

Trois cent ans plus tard, l’aventure continue…dans la rigueur hivernale du Québec. Cette fois le fruit récolté n’est pas le raisin, mais la pomme.
C’est dans les années 1990 qu’un viticulteur de Dunham, dans les Cantons de l’Est, crée la recette du Cidre de Glace en s’inspirant du Vin de Glace. La région, connue pour être le « jardin du Québec », riche en vignobles et vergers, est l’endroit idéal pour l’association de la technique du Vin de Glace avec la pomme.
La méthode de fabrication du Cidre de Glace utilise deux procédés. 95% de la production se fait par Cryoconcentration.

Explications : Différentes variétées de pommes sont récoltées en Automne où elles sont stockées jusqu’en hiver. Elles sont ensuite pressées pour en récolter le jus. Le moût ainsi obtenu est placé dans des cuves à l’extérieur, soumis aux grands froids de l’hiver. Les températures négatives vont petit à petit aider à la concentration du sucre, lequel va se séparer de l’eau gelée. Le jus très sucré ainsi obtenu sera mis en fermentation pendant plusieurs mois.
La deuxième méthode, plus délicate à mettre en œuvre,consiste à récolter les pommes tard en hiver. La concentration des sucres se fait donc directement dans le fruit gelé sur l’arbre. C’est la Cryoextraction. Malgré sa jeunesse, le Cidre de Glace conquiert et charme par sa fraicheur sucrée aux notes de pommes et de poires. Assuré d’un bel avenir international.

Le Cidre de Glace peut être savoureusement utilisé dans la cuisine, sucrée, ou salée…

Beurre de cidre de glace 

Préparation : 10mn

Ingrédients 

25 cl de cidre de glace
125 ml de beurre non salé
125 ml de crème fraiche
1 cuillère à soupe de Calvados
1 cuillère à soupe de sucre

Préparation

Dans une casserole, mettre le cidre avec le calvados et le sucre et faire réduire de moitié sur feu moyen. Puis hors du feu, incorporez le beurre froid et la crème jusqu’à ce que le beurre soit complètement fondu. Bien mélanger.
Délicieux sur des crêpes ou des pommes au four.


Soupe à l’oignon au Cidre de Glace 

Préparation : 10mn
Cuisson : 40 minutes
4x

Ingrédients 

4 oignons
10 cl de Cidre de Glace
1 litre de bouillon de volaille ou de bœuf
2 cuillères à soupe de farine
50 g de beurre
Croutons
Gruyère

Préparation

Épluchez et émincez les oignons.
Dans une casserole assez large ou un faitout, faites fondre le beurre et laissez-y blondir les oignons. Ils doivent prendre de la coloration sans brûler.
Saupoudrez et enrobez bien les oignons avec la farine.
Déglacez avec le Cidre de Glace, puis ajoutez le bouillon.
Laissez cuire 30 minutes à feu moyen. Servez dans des bols avec des croutons parsemé de gruyère râpé dans la soupe bien chaude.
Réconfortant…

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Beaconsfield, Beaconsfield…

Quésaco ?
Voici deux villes, un même nom, distantes de 5000 km ! Beaconsfield, située à l’extremité Sud-Ouest de l’île de Montréal au Québec, au bord du Lac Saint-Louis, tire son nom d’un hommage rendu à Benjamin Disraeli, 1er comte de Beaconsfield et premier ministre de la reine Victoria au 19ème siècle, Buckinghamshire, Angleterre.
Beaconsfield, Québec ; c’est un certain j-h Menzies, grand admirateur de Disraeli qui donne le nom de celui-ci à une propriété qu’il achète au bord du Lac Saint-Louis. Lorsque la communauté semi-rurale, composée principalement de chalets d’été se constitue en ville en 1910, elle retient le nom donné par Menzies, Beaconsfield.
Beaconsfield, Angleterre ; la 1ère preuve écrite de l’existence de Beaconsfield date de 1184. L’étymologie du nom de Beaconsfield n’est pas ce qu’elle semble être. Beacon : balise, phare et Field : champ, clairière. Historiquement donc, un champ où l’on mettait le feu à une construction de bois pour signaler l’approche d’un danger.
Mais les premières mentions du village s’écrivent « Bekenesfield ».   « Bece » ou « Beke » étant l’ancien nom d’origine saxonne désignant l’Hêtre.La nouvelle signification semblerait être « la clairière au milieu des Hêtres », et expliquerait pourquoi la ville à adoptée l’arbre comme emblème !

Sources :
https://www.beaconsfieldtowncouncil.gov.uk/beaconsfield/about-the-town/
https://www.beaconsfieldhistory.org.uk/content/beaconsfield-history/articles/beaconsfield-whats-in-a-name
https://www.beaconsfield.ca/fr/notre-ville/portrait-et-histoire
https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/beaconsfiel

Une recette authentique, locale et traditionnelle du Buckinghamshire du 19ème siècle.

Bacon Dumpling

Préparation : 20mn
Cuisson : 2h30mn

4x

Ingrédients 
500 gr de farine
200 gr de saindoux
3 cuillères à soupe d’eau
12 tranches de bacon sans couenne
2 oignons
2 pommes de terre
Sauge
Sel de mer, poivre

Préparation

Préparez une pâte avec la farine, le saindoux, une pincée de sel et l’eau. Pétrissez jusqu’à obtention d’une pâte ferme et lisse. Rectifiez les proportions d’eau et /ou de farine si besoin.
Etalez cette pâte en un rectangle de 3cm d’épaisseur.
Coupez le bacon en petits cubes et étalez sur votre pâte avec les oignons hachés et les pommes de terre épluchées et rapées.
Assaisonnez de Sauge, de sel et de poivre.Humidifiez les contours de la pâte et roulez-la sur elle-même, de façon à obtenir un boudin. Scellez les extrémités.
Enroulez votre préparation dans du film cuisson, sac cuisson ou du papier sulfurisé, bien fixé aux extrémités.Faire cuire à la vapeur pendant 2h 30.
Déballez et coupez de bonnes tranches. Délicieux en apéritif !

Source :
https://oakden.co.uk/buckinghamshire-regional-recipes/

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